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Les oiseaux du temps – Amal El-Mohtar et Max Gladstone

Les oiseaux du temps est une novella de Amal El-Mohtar et Max Gladstone publiée aux éditions Mnémos sous le label Mu. Cette novella a obtenu le trio de prix Hugo, Locus et Nebula. Souvent les textes ayant reçu un prix ne m’attirent pas plus que cela et j’ai même du mal à les apprécier. Pour ne pas passer pour autant à côté de petite pépite littéraire, je me suis lancé dans les oiseaux du temps, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces prix sont amplement mérités. Au programme, douleur, sentiments et poésie pour une belle alchimie. Attention cela reste un texte clivant qui plaira ou non

Couverture Kevin Deneufchatel

Résumé :

C’est ainsi que nous gagnons.

Bleu et Rouge, deux combattants ennemis d’une étrange guerre temporelle, s’engagent dans une correspondance interdite, à travers les époques et les champs de bataille. Ces lettres, ne pouvant être lues qu’une seule fois, deviennent peu à peu le refuge de leurs doutes et de leurs rêves. Un amour fragile et dangereux naîtra de leurs échanges. Il leur faudra le préserver envers et contre tout.

Les Oiseaux du temps fait partie de ces romans inoubliables qui nous ressourcent et nous rappellent avec douceur et justesse que l’humanité, l’altérité et l’amour sont les réponses universelles à nos besoins essentiels.

Chronique :

La couverture de Kévin Deneufchatel est tout simplement sublime et rappelle bien ce côté poétique retrouvé dans la novella. Les deux oiseaux qui sont des représentations métaphoriques des deux personnages correspondent au jeu que les auteurs ont voulu insuffler en Rouge et Bleu. Des personnages à la fois si semblables et en même temps diamétralement opposés.

Roman épistolaire, les oiseaux du temps nous propose de partir dans une guerre sans fin ou les actions de chaque camp sont calculés non pas pour leurs effets immédiats mais pour les conséquences que cela aura dans la toile du temps. Ainsi cette guerre qui oppose les deux camps s’est elle-même perdue dans le temps, et l’on comprend vite qu’un des camps agit pour le maintien tandis que l’autre cherche à améliorer les conditions du futur. Mais cela n’est que le sujet de fond de l’histoire qui s’attarde sur les relations ambiguës et interdites qu’entretiennent Bleu et Rouge. A chaque partie du texte, deux chapitres. Le premier qui instaure une action dans la guerre jusqu’à la découverte du message de l’autre camp, et le second ce message. Ainsi, après de multiples échanges, Rouge et Bleu apprennent à mieux se connaitre et leurs sentiments vont évoluer pendant cette guerre.

De part la structure même du récit nous ne savons finalement que peu de choses sur les personnages en dehors des sentiments qu’elles ressentent l’une envers l’autre. La grande force du récit ne repose donc pas sur les personnages stricto sensu mais sur leur évolution et leurs sentiments.

Amal El-Mohtar et Max Gladstone nous proposent ici un récit qui se voudra au langage recherché et frôlant la poésie par moment. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que je ne suis pas fan de ce type d’écriture, et pourtant dans ce texte j’ai adoré le style qui est parfaitement cohérent avec les propos et l’univers. Les petites blagues et références présentes dans les entêtes et les post-scriptum des différentes missives m’ont par ailleurs fait rire plus d’une fois et rythment agréablement le récit. Attention tout de même certains lecteur pourront trouver le propos trop verbeux et manquant d’une réelle histoire.

Conclusion :

Les oiseaux du temps, avec ses chapitres courts alternant les points de vue, est une véritable réussite. Novella complexe en apparence et pourtant d’une simplicité sidérante quant au thème abordé, c’est un texte riche qui a largement mérité l’ensemble des prix qu’il a obtenu. Une suite semble en préparation, je l’attends donc avec impatience.

1 commentaire pour “Les oiseaux du temps – Amal El-Mohtar et Max Gladstone”

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