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Le monde vert – Brian Aldiss

Le Monde Vert est un roman de Brian Aldiss publié en 1962, ayant remporté le prix Hugo. Avec ce roman l’auteur nous plonge dans un futur très lointain dans lequel le monde a entièrement été colonisé par les végétaux. Roman d’aventure et d’apprentissage, Le Monde Vert est bourré de très bonnes idées, qui peut paraitre par moment avoir les défauts de ses qualités en accumulant trop de concepts. Roman précurseur de la science-fiction environnementale, il n’en est pas moins un texte particulièrement réussi.

Résumé:

La Terre se meurt sous la menace du Soleil sur le point d’exploser. À sa surface s’étend une immense jungle peuplée de végétaux qui se sont peu à peu adaptés à cet environnement hostile. Les derniers descendants de l’espèce humaine tentent tant bien que mal d’échapper aux nombreux périls qui les entourent. Gren, un enfant-homme séparé de son clan, part à l’aventure et, en affrontant diverses espèces végétales, le plus souvent mortelles, découvrira certains des secrets de ce nouveau monde, intégralement vert.

Chronique :

L’édition de 2009 parue chez folioSF (n°328) est illustrée par Johann Bodin. L’illustration de couverture donne un très bon aperçu de l’univers proposé par Aldiss, à l’exception de la présence du dinosaure qui, de par les descriptions faites par l’auteur ne pourrait en aucun cas figurer dans le texte. En dehors de ce menu détail, la couverture est très accrocheuse et attire la regard.

Je ne suis pas certain que Le Monde Vert soit un roman de SF ou de fantasy. En effet le monde que nous propose Aldiss a tellement évolué qu’il ne ressemble plus du tout au notre, au point d’en devenir complétement improbable sur certains points. On notera entre autres le fait que la Terre et la Lune sont reliées entre elles par des câbles végétaux qui sont arpentés par des « araignées végétales » de l’espace, qui ont colonisé la Lune. Cependant il existe de véritables bonnes idées basées sur l’évolution de certains végétaux comme les champignons et qui pourraient se révéler « plausibles ». Dans le texte d’Aldiss, les Hommes ont fortement régressé, vivant sous la forme de clans tribaux dans lesquels les hommes sont plus rares que les femmes. Cette rareté en fait l’objet des convoitises et ils vont être protégés afin de perpétuer l’espèce humaine dans ce monde plus qu’inhospitalier. Gren, enfant-homme, se retrouve vite esseulé et va partir à la découverte du monde qui l’entoure. Il va ainsi découvrir un univers bien plus riche qu’il ne le croyait. Ses pérégrinations serviront à l’auteur pour aborder différents sujets et tout particulièrement l’aliénation sociale des classes opprimées par les classes dirigeantes, ou encore l’effet délétère du pouvoir sur les Hommes. Le tout se terminant sur un tripe mystique assez drôle.

Gren est le seul personnage que nous suivrons durant l’ensemble du récit. C’est par lui que les différentes réflexions arriveront, et plus particulièrement par son comportement envers le monde qui l’entoure. Parti adolescent, il finira homme mais a peiné à m’intéresser. C’est un personnage que j’ai souvent trouvé caricatural, misogyne, violent et qui va systématiquement faire le mauvais choix. Mais c’est justement ces comportements qui permettent au texte d’être aussi réussi. Je ne développerais pas les autres personnages pour éviter de divulgacher, mais je ne peux pas éluder le rôle central de « Morille ». Morille c’est La bonne idée de l’auteur. Sans Morille, le texte aurait eu une autre saveur. Sans Morille, Gren n’aurait surement pas fait les mêmes choix (heureusement) et son côté insupportable ne serait pas devenu la force du récit.

L’esprit de Gren, au départ n’était qu’une petite mare stagnante : c’est désormais un océan palpitant de vie

L’écriture d’Aldiss est un peu passée avec des phrases qui ne sont pas toujours fluides, mais elle reste très lisible. Bien que présentant quelques longueurs par moment dû à un excès de créativité, Aldiss réussi avec Le Monde Vert à nous plonger dans un récit qui, de par ses descriptions, nous fera presque plonger dans l’horreur.

Conclusion

Le Monde Vert est un roman inclassable qui oscille entre SF, Fantasy et Horreur. Prix Hugo non démérité, avec un univers foisonnant servant à une analyse fine de certains des mauvais penchants de nos civilisations actuelles. Ce fût une lecture enrichissante et je relirais vraisemblablement du Aldiss prochainement.

8 commentaires sur “Le monde vert – Brian Aldiss”

  1. J’ai eu l’impression au départ qu’il y avait un thème écolo dedans et pas horrifique, le titre et la couverture n’y font pas penser…
    Laurence

  2. Retour de ping : Bilan – Mars 2021 – Librairie À la croisée des pages

  3. Excellent roman de science-fiction. Un futur très lointain certes mais où l’homme a évolué/régressé en payant les conséquences du passé. C’est vrai que certaines difformités sont assez horrifique jusqu’à ce qu’on les assimile. Cet vision de l’homme du futur en pleine mutation m’évoque à chaque fois les mutants du film Gandahar.

      1. Le lien que je fais entre les deux est purement personnel, par honte, le film est incontournable. Sache que c’est l’adaptation du roman d’Andrevon du même titre. Mais je ne l’ai pas lu.

        1. Oh mais je viens de voir que le livre les homme machine contre gandahar est sur ma liste de roman folioSF à lire avant ouverture de la librairie 😁😁

          1. Vérifie peut-être qu’il n’y en ait pas plusieurs pour les lire dans le bon ordre. J’ai un doute mais il pourrait bien y avoir un petit cycle caché là dessous 🤔

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