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L’agence Lovecraft Tome 1 – Jean-Luc Marcastel

L’exercice de l’hommage Lovecraftien n’est pas si facile et tombe bien souvent dans la caricature ou dans le postiche. C’est d’autant plus vrai depuis quelques années, avec une nouvelle vague de popularité pour H.P.L. Mais de temps en temps sort une petite pépite et c’est le cas du roman Le mal par le mal, premier tome de l’agence Lovecraft de Jean-Luc Marcastel, publié aux éditions Gulfstream. Cette série à l’attention d’un public jeunes-adultes a su me séduire et saura très certainement plaire au lectorat de 10 à 99 ans (oui toi le centenaire qui traine ici, elle te plaira également).

Résumé

Trois jeunes adolescents d’une quinzaine d’années, Ryan, Marie et Sergueï, ne se connaissent pas, et ne vivent même pas sur le même continent. Mais voilà, ils ont un point commun, celui d’êtres traqués par une mystérieuse société secrète. Sauvés in extremis par l’agence Lovecraft, ils vont alors se découvrir des pouvoirs effrayants qui vont s’avérer décisifs dans une guerre secrète dont dépend le futur de l’humanité.

couverture Vaderetro

Chronique

La couverture de Vaderetro qui s’étend sur l’ensemble du livre est particulièrement réussie, et contient de nombreux éléments qui font écho à l’histoire. On y retrouve entre autres de nombreuses créatures marines particulièrement belliqueuses, les profonds. Le logotype de l’agence mis en exergue avec sa devise Semper Moriendum est quod in perpetuum dormiens (que l’on pourrait traduire maladroitement par Mourir c’est dormir pour toujours) et une tête de Cthulhu transpercée d’une épée, sont particulièrement graphiques et gageons qu’ils seront l’identité graphique de la série. Si avec tout cela je ne vous ai pas déjà fait comprendre que cette couverture est très réussie[CI1] , plongez votre livre dans le noir et vous en révèlerez de nouveaux secrets !

Le scénario de ce premier tome peut se découper en deux grandes parties assez classiques dans les romans jeunesse / young-adult. On entre dans ce roman avec une première partie durant laquelle les héros sont solitaires et vont être rassemblés. Puis dans la seconde partie ils découvrent l’existence d’un monde caché et vont devoir affronter une menace colossale. Bien que classique ce découpage marche très bien et va permettre à l’auteur de référencer très régulièrement son texte à l’œuvre iconique de H.P.L. de manière subtile. Ainsi le lecteur néophyte des univers Lovecraftiens y verra apparaitre au fil des pages des créatures visqueuses à faire frémir, tandis que le lecteur confirmé lui s’amusera à raccrocher les différents personnages aux nouvelles de H.P.L dont leurs pouvoirs et/ou technologies sont issus. On pourra noter rapidement des références à certaines des plus grandes nouvelles comme : Cauchemar à Innsmouth, Dagon, Celui qui chuchoter dans les ténèbres, dans l’abîme du temps, et bien d’autres encore que je vous laisse le plaisir de découvrir.

Ryan, Marie et Sergei, accompagnés de Kali, ont tous un pouvoir issu de l’univers lovecraftien. Tous vont être moteur de l’histoire et même si Ryan emporte ici un rôle central, il n’y a aucun doute quant au fait que chacun d’eux se verra au centre des différents tomes à venir. Le subtil référencement des personnages est surement le plus grand point fort de ce roman. Comme je l’ai dit précédemment, c’est jubilatoire de chercher au fur et à mesure des indices laissés par Jean-Luc Marcastel, et de trouver dans quelle partie du panthéon Lovecraftien ils sont issus. Autre force du récit, les différents personnages secondaires présents qui eux ont la particularité d’appartenir à d’autres univers de la pop culture bien connus du lectorat, entrainant de ce fait un cross-over savoureux. Petit bonus, l’auteur a lui-même dessiné ses personnages, dont je vous laisse regarder les portraits.

Avec Jean-Luc Marcastel on est habitué à des chapitres plutôt allongés, dépassant souvent la vingtaine de pages. Ici ce n’est pas le cas. La plupart des chapitres sont courts et permettent un enchainement des points de vue et des actions dans un rythme effréné. La difficulté de l’hommage Lovecraftien c’est le langage suranné de l’auteur. Nombreux sont ceux qui s’y sont frottés sans succès, mais Jean-Luc Marcastel a choisi le parti pris d’utiliser sa verve habituelle, avec un langage moderne et quelques petites fioritures savoureuses. Cela marche très bien et fournit ainsi une lecture très fluide, qui fait enchainer les pages les unes après les autres sans jamais vouloir le reposer. Ursula K Le Guin le disait, le style le plus compliqué à écrire est le style simple. Jean-Luc Marcastel l’a bien compris avec ce roman qui se veut moderne et accessible, tant et si bien que quand arrive la dernière page, on en redemande encore !

Conclusion

Avec Le mal par le mal Jean-Luc Marcastel fournit à la fois une excellente porte d’entrée dans l’univers du maitre de Providence pour les lecteurs néocultistes et réussit brillamment le tour de force de le prolonger sans jamais le parodier ou l’insulter. Ainsi, cultistes acharnés ou âme saine de passage seront à coup sûr emportés par cette lecture dévorante.

Petit bonus retrouvez la bande annonce ainsi que les premiers chapitres en audio lu par l’auteur

2 commentaires sur “L’agence Lovecraft Tome 1 – Jean-Luc Marcastel”

  1. Retour de ping : Coups de cœur: Aout 2021 – Librairie À la croisée des pages

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