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La controverse de Zara XIII – John Scalzi

La controverse de Zara XXIII est un roman de John Scalzi (bien connu pour sa série Le vieil homme et la guerre), publié en 2018 aux éditions de L’atalante. Dans ce roman de science-fiction nous suivons Jack Holloway, prospecteur géologique pour la compagnie Zarathoustra. C’est un texte particulièrement intéressant ; c’est avant tout un texte humaniste et écologique qui n’hésite pas à critiquer la société de consommation. Jamais pontifiant, toujours subtil et souvent drôle, c’est un roman qui vaut son pesant de cacahuètes.

Couverture Rafaël Defossez

Résumé :

Prospecteur indépendant sur une des planètes minières de la toute-puissante compagnie Zarathoustra, Jack Holloway découvre un filon d’innombrables pierres précieuses dont une seule suffira à le mettre quelques temps à l’abri du besoin… si les avocats de son client ne trouvent pas le moyen de l’en déposséder. Le même jour l’alarme de son domicile se déclenche. On s’est introduit chez lui. S’agit-il d’un cambrioleur ? Non ! L’intrus se révèle être une adorable boule de poils d’une espièglerie confondante. Mais sans doute ne vit-elle pas seule sur cette planète…

Bientôt, les cadres de la compagnie s’avisent du problème : si le petit peuple à fourrure de Zara XXIII est doué de raison, c’en sera fini de l’exploitation de son sous-sol par une entreprise étrangère. À leurs yeux, la solution est simple : tout faire pour que ne soit pas reconnue cette intelligence.
Ainsi débute La controverse de Zara XXIII.

Chronique :

La controverse de Zara XIII est illustrée par Rafaël Defossez dans un style qui peut surprendre pour un roman de SF. C’est un graphisme que j’aime beaucoup et qui trouve toute son explication au fur et à mesure du roman. Une fois le texte terminé, on y voit rapidement toute la violence intrinsèque à ce roman.

Le scénario peut être coupé en deux grandes parties qui correspondent chacune à une phase de l’évolution à la fois de Jack Holloway mais également à celle de la géopolitique de Zara XXIII. Cette construction est particulièrement intéressante et pourra faire écho à certaines œuvres télévisuelles anglaises où la première partie est consacrée à l’enquête et la suite au procès. Dans le cas de ce roman, nous avons une première partie dédiée à la mise en place de l’intrigue durant laquelle nous suivons Jack dans sa vie coutumière, jusqu’à l’apparition des Toudous. La suite traite des enjeux politiques et financiers que représentent ces fameuses créatures. J’ai tout particulièrement aimé le traitement apporté quant aux conséquences que l’économie a sur les écosystèmes environnants.

Scalzi, ici traduit par Mikael Cabon, a une écriture directe et fluide. L’enchainement de chapitres d’une dizaine de pages est particulièrement dynamique et entraine une envie continuelle de toujours en lire plus. Cela en fait un texte qui se dévore. Le texte est bourré d’humour et de cynisme, ce qui permet à l’auteur de critiquer vertement la société américaine (je pense en l’occurrence à une phrase en particulier où Scalzi n’hésite pas à traiter le peuple américain de génocidaire), et plus largement l’ensemble des sociétés de consommation ainsi que des lobbyistes. A noter la super référence à 2001 L’odyssée de l’espace et son thème musical, qui marche à merveille avec les Toudous.

La grande force de ce roman ce sont ses personnages et plus particulièrement celui de Jack. Jack est un ancien avocat de Floride pour lequel on va apprendre les pourquoi de son arrivée sur Zara durant le récit. Tout au long du récit, jusqu’à l’avant dernière phrase, on ne connaitra pas ses réelles intentions. Entre richesse, pouvoir et envie de foutre la merde, on peut dire que Jack touche à tout dans ce roman. Mais ce n’est pas le seul protagoniste et les personnages secondaires sont tous hyper intéressants. Que cela soit du côté des amis, avec Isabel et Sullivan, ou du côté de la Zarathoustra avec les figures de Aubrey, riche héritier, parfait homme de paille ou Joe Delise qui frappe avant de poser des questions. Et n’oublions pas la petite mignonnerie avec les Toudous, sorte de chats bipèdes hyper mignons et attachants.

Conclusion :

La controverse de Zara XXIII est un roman politiquement engagé qui démontre par A + B comment consumérisme et protection des écosystèmes n’arrivent pas à s’accorder. Texte fort qui vous fera sourire aussi bien que vous faire hurler, c’est un roman brillant qui mérite vraiment d’être découvert. L’auteur en préface y annonce que c’est une réécriture du roman Hommes de poches de Piper, aussi je ne tarderais pas à le lire.

Une super lecture lu en duo avec SF Elfette avec qui nous avons beaucoup échangé et ri durant cette lecture qui est encore meilleur à deux. Sa chronique complète est ici.

Caractéristiques
Titre: La controverse de Zara XXIII
Auteur: John Scalzi
Traduction: Mikael Cabon
Édition: L’Atalante (GF)
313 Pages

9 commentaires sur “La controverse de Zara XIII – John Scalzi”

    1. Bonjour Stéphane, non ce roman est bien entièrement indépendant de l’interdépendance ainsi que des autres série de l’auteur. C’est mon premier Sclazi ( et oui j’ai du vivre dans un grotte 😀 ) mais assurément pas le dernier !

        1. Je n’ai pas encore lu l’interdépendance, mais c’est sur la liste des série à lire vraiment d’urgence. A ne pas confondre avec la liste « a lire » qui est déjà trop longue pour une seule vie 😉

      1. Une valeur sûre de lire un bouquin de Scalzi, je finis Le vieil homme et la guerre et je me lance dans celui-là

      2. Retour de ping : La controverse Zara XXIII – John Scalzi – SF Elfette

        1. Je confirme une très bonne lecture avec Fawn pour complice. C’est un livre d’autant plus plaisant à lire quand on peut en partager sa lecture avec quelqu’un sur la même longueur d’onde <3

      3. Retour de ping : Coups de cœur: Juin et Juillet – Librairie À la croisée des pages

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