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Du roi je serai l’assassin – Jean-Laurent Del Socorro

Du roi je serai l’assassin est le nouveau roman de Jean-Laurent Del Socorro publié aux éditions actuSF. Avec ce roman nous replongeons dans l’univers du Royaume de vent et de colères. Cette fois Jean-Laurent Del Socorro nous propose de découvrir l’histoire de Silas. Comme à son habitude c’est un roman d’une grande qualité, avec un ancrage historique très travaillé. Un roman que tous les aficionados du Royaume de vent et de colères et de La guerre des trois rois liront avec avidité.

Couverture de Zariel

Résumé

XVIe siècle, Espagne. Sinan est un Morisque, un musulman converti au catholicisme. Il a grandi avec ses deux sœurs à Grenade, dans l’ombre de l’inquisition et de son père autoritaire.  Il y est initié à l’alchimie et à la médecine. A l’aube des guerres de religions, Sinan part à Montpellier pour y faire ses études de médecine, mais aussi pour y chercher la pierre du Dragon, qui contiendrait assez de magie pour restaurer la grandeur perdue de l’Al Andalus. Mais quitter l’inquisition ne prodigue pas forcément une vie loin de conflits religieux. Suivez le parcours de Sinan, de la naissance à la mort. Et pour les lecteurs du Royaume de Vent et de colères, découvrez comment il est devenu Silas !

Chronique

La première chose qui plait avec Du roi je serai l’assassin, c’est sa superbe couverture signée Zariel. Toute l’essence du roman et de Silas figure sur cette illustration. On y retrouve le fond arabisant de Grenade, le poignard et la pomme qui sont indissociables du personnage.

Le roman est coupé en trois grandes parties qui correspondent aux lieux de l’action. La première partie se déroule à Grenade et correspond à la jeunesse de Sinan. Dans cette partie on découvre un personnage qui, à la suite d’une éducation basée sur la maltraitance de la part du père et l’absence de réaction de la mère, sombre dans le mutisme et l’alcool. Avec ses deux sœurs, Sahar et Rufaida, ils forment alors un trio solidaire et inséparable très émouvant. Déjà que chez eux ils ne sont pas en sécurité, mais en plus à l’extérieur les morisques sont scrutés pour s’assurer de leur fidélité à l’Eglise. C’est dans cet univers délétère que Sinan doit apprendre à se construire. Heureusement pour les jumeaux Sinan et Rufaida, Aïcha la tabiba vient vivre chez eux pour leur apprendre les bases des sciences médicales et alchimiques. Mais l’inquisition gronde et les morisques aimeraient revoir une grande Espagne musulmane, la résistance s’organise… Ils sont alors envoyés à Montpellier par leur père, pour être mis en sécurité et pour continuer leurs études. Mais surtout pour dénicher la pierre d’équilibre.

La seconde partie qui se déroule à Montpellier est celle du changement de caractère pour Sinan. Il découvre un monde sans les coups du père, un monde de liberté apparente. Un monde de découverte sociale et intime. Mais le XVIe siècle est un siècle de guerre et les amis protestants de Sinan montrent les dents face aux catholiques. J’ai trouvé quelques petites longueurs dans cette partie sans que cela ne porte à conséquence sur ma lecture. On retrouve à nouveau un monde en crise religieuse où la mort peut frapper de manière rapide et souvent fortuite. Tandis que la troisième partie est celle qui lie ce roman à Royaume de vent et de colères. Partie finale pleine de révélations et d’action, je n’en parlerai pas plus pour vous laisser la découverte et savourer tous les tenants et aboutissants.

L’écriture de Jean-Laurent Del Socorro est toujours aussi travaillée. On y retrouve une certaine érudition dans la tournure des phrases, avec la recherche constante du mot juste, sans jamais pécher par orgueil. Une écriture qui fait tout le roman. Le roman est écrit à la première personne, Silas narrant sa vie et cela fait vraiment ressentir ses émotions au lecteur. J’y ai donc versé une petite larme avant de partager la colère du personnage. On notera l’abondante bibliographie utilisée par l’auteur afin d’ancrer au mieux son récit dans le début des guerres de religions.

Sinan et Rufaida sont le cœur du roman. Tout le roman tournant autour de leurs actions et de leurs évolutions, ils sont forcément très bien décrits et leurs motivations nous paraissent claires. Le fait qu’ils soient jumeaux est particulièrement intéressant dans le traitement de leurs évolutions respectives. Durant une grosse partie du récit ils veulent la même chose, et même s’ils ne sont pas toujours sincères l’un envers l’autre, leur but est commun. Puis un schisme va apparaitre. C’est à partir de ce moment que l’on voit apparaitre le Silas (que l’on connait déjà, si on a lu Royaume de vent et de colères). On trouve également plusieurs personnages secondaires qui sont particulièrement bien écrits. Peter l’allemand qui ouvrira Sinan au monde, Morayma la guerrière qui formera les jumeaux au maniement des armes ou encore Catalan qui leur ouvrira les portes de son foyer et de ses connaissances.

Conclusion :

Du roi je serai l’assassin est un roman que j’ai pris un plaisir fou à lire. On découvre comment les maux du siècle associés à une éducation tyrannique ont forgé le mythique Silas. L’écriture de Jean-Laurent Del Socorro nous emporte sans retenue dans le XVIe de l’arbon. Indépendant de Royaume de vent et de colères, Du roi je serai l’assassin en est le digne successeur et je conseille vivement sa lecture.

1 commentaire pour “Du roi je serai l’assassin – Jean-Laurent Del Socorro”

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