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Cochrane VS Cthulhu – Gilberto Villarroel

Cochrane VS Cthulhu (CvsC) est un roman fantastique publié chez Pocket (en grand format Aux Forges de Vulcain) qui propose une relecture de la nouvelle L’appel de Cthulhu de H.P Lovecraft. Gilberto Villarroel propose de planter le décor dans la rade des basques et plus précisément à Fort Boyard durant la période des cent jours. Hommage à la nouvelle, CvsC se base en partie sur des faits historiques qu’il détourne habilement pour un instant lecture très sympathique, tout en conservant tout les codes du texte original.

Couverture de Benjamin Carré

Résumé :

Par une nuit noire en pleine tempête, Lord Cochrane est capturé par des Français qui le conduisent à Fort Boyard en attendant de le transférer à Paris pour le juger. Lord Cochrane, c’est cet Amiral un peu fou qui, six ans auparavant, a réussi à détruire la moitié de la flotte Française et les prémisses de la construction de Fort Boyard dans une bataille navale peu conventionnelle. Le voilà qui se retrouve prisonnier du Fort commandé par le Capitaine Eonet, un ancien soldat Napoléonien. Mais est-il là par pur hasard ? Eonet et Cochrane vont alors commencer un tête à tête pour connaitre les intentions de chacun. Intentions qui vont vite être modifiées quand une mystérieuse créature aquatique à tête en étoile de mer attaque le Fort. Eclaireur solitaire, il est bientôt suivi par une horde de monstres et l’apparition d’une mystérieuse île… Quelles sont ces créatures ? Quel est le rapport avec les mystérieuses inscriptions et sculptures trouvées au moment de la construction du site ?

Chronique :

La première chose qui frappe avec le roman au format poche publié chez Pocket, c’est la superbe couverture de Benjamin Carré. Toute l’essence et l’atmosphère pulp du roman y sont dignement représentées. Une de mes couvertures préférées de l’année.

Le scénario se veut une réécriture de L’appel de Cthulhu en conservant tous les ingrédients principaux. Ça marche très bien et novice comme confirmé trouveront l’histoire bien menée, du début à la fin. Le découpage en deux grandes parties du récit est un peu artificiel mais permettra au lecteur ne connaissant par l’œuvre de HPL de ne pas se sentir déboussolé par l’indicible. L’intégration de l’ineffable par petites touches au début puis par louche entière par la suite marche très bien, et fait plonger le lecteur dans la folie au fil des pages. L’auteur sait où il veut aller et ne dévie pas de son chemin.

L’écriture (et donc la traduction de Jacques Fuentealba) est très fluide et agréable à lire. Contrairement au texte de Lovecraft, on ne trouve pas ici de phrases à rallonge, remplies d’adjectifs inusités. Pour ma part, cela m’a presque manqué. Pour moi, Cthulhu c’est avant tout des adjectifs comme ineffable, cyclopéen, indicible et j’en passe, mais très vite on est pris par l’ambiance de Villaroel et on oublie que l’on est sur une mer déjà explorée. Le seul vrai bémol à mon sens est dans les nombreuses répétitions que fait l’auteur quant à l’attaque de 1809 de Lord Cochrane contre la flotte française. Cela reste cependant superficiel et ne bloque absolument pas la lecture.

Il volait en étendant d’énormes ailes qui dupliquaient sa taille et lui conférait l’aspect d’une créature mythique : un dragon. Mais sa tête, de laquelle sortait des dizaines de tentacules, chacun animé de mouvements propres et asymétriques, se rapprochait plus de celle d’une bête marine, comme un poulpe ou un calamar, que d’un animal volant.

Les personnages sont nombreux dans ce texte mais on peut résumer l’histoire centrale à un petit groupe entourant Cochrane et Eonet. Ces deux adversaires  vont devoir s’unir pour faire face à un dieu comme Cthulhu. La relation qui les lie évolue tout au long du récit, et j’ai beaucoup aimé les suspicions qui restent à planer dans l’air. Cochrane est un héros en Amérique Latine et on sent que l’auteur veut donc témoigner d’un personnage glorieux au risque de le faire tomber par moment dans une caricature à la McGyver, mais cela ajoute au côté pulp du roman.

Les autres personnages sont très secondaires et ne sont pas forcément très détaillés en dehors des frères Champollion. La situation étant à l’angoisse et au combat, il est tout à fait normal que l’on en apprenne plus sur un nombre restreint de personnages, qui sont ici les généraux.

Conclusion :

Cochrane vs Cthulhu est un roman très sympathique à lire. Hommage au père Fouras euh… non à L’appel de Cthulhu, c’est un texte qui réussit à nous embarquer en Charente Maritime pour y découvrir la mythique R’Lyeh. C’est un roman que connaisseur et novice liront avec plaisir. La suite des aventures de Lord Cochrane est disponible Aux forges de Vulcain avec Cochrane VS l’ordre des catacombes.

Visuel Aux Forges de Vulcain

3 commentaires sur “Cochrane VS Cthulhu – Gilberto Villarroel”

  1. Eh bien, je ne connais pas du tout cet auteur et ta chronique fait très envie. Je ne suis pas une grande fan Lovecraft. J’aime ces univers mais son écriture. Du coup, si c’est du Lovecraft mieux écrit 🤪😉, ça peut plaire. Et le cadre de Fort Boyard, plutôt attirant.

    1. Mieux écrit je ne sais pas 😅 vu que pour moi le Maître est inégalable 😂 mais très bien écrit c’est certains.

      Je suis content que cette ballade tentaculesque chez le père Fouras vous donne envie 😊

  2. Retour de ping : Les coups de cœur du mois d’Avril – Librairie À la croisée des pages

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