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Célestopol 1922 – Emmanuel Chastellière

Célestopol est un fix-up de science-fiction écrit par Emmanuel Chastellière, publié aux éditions de l’Homme Sans Nom. Première visite pour moi dans la ville lunaire, et grand coup de cœur pour cet univers. Le cadre du fix-up est parfaitement maitrisé et donne le sentiment d’un univers complet. Une narration efficace et des personnages hauts en couleurs, bienvenue dans Célestopol en l’an de grâce 1922, et partez en voyage lunaire en treize escales.

Couverture de Marc Simonetti

Résumé

Plongez dans la cité lunaire de célestopol, et découvrez-en les innombrables merveilles.
Une année à la découverte des mirages et des merveilles de la cité sélène, joyau de l’âme slave arraché à la Terre, entre les mains d’un duc au destin défiant le cours du temps. 
Une année où croiser dans ses rues Marie Curie, l’archiduc François-Ferdinand ou Howard Carter, mais aussi humbles ouvriers, voleur volubile ou automates au cœur de cuivre. Entre ruines lunaires à explorer, un championnat du monde d’échecs à préparer ou des complots à déjouer, treize histoires qui forment un voyage unique.
Les canaux ambrés de la ville n’ont pas fini de vous dévoiler ses secrets, et de vous perdre dans leurs méandres sociaux !

Chronique :

Marc Simonetti signe une très belle illustration de couverture basée sur la plus longue nouvelle du recueil, La fille de l’Hiver. Cette très belle couverture capte beaucoup de détails qui forment le livre, à savoir une esthétique retro-futuriste, des inégalités sociales, et une haute société dominée par un leader charismatique incarné par le Duc.

Qui dit fix-up dit nouvelles. Ici on en trouve treize qui s’entrecroisent dans une toile arachnéenne. Les personnages principaux de l’une deviennent de simples passants dans la rue lors d’une autre nouvelle et ainsi de suite. Les différentes nouvelles abordent toutes une thématique différente, que cela soit les grèves ouvrières et les manipulations politiques dans Mon rossignol, Le danger de l’absence d’éthique scientifique et la quête du chercheur dépassé par son œuvre dans Toungouska, Mais également la déstabilisation politique dans La malédiction du pharaon, ou encore l’acceptation de soi dans Sur la glace. D’autres thèmes sont abordés et toujours avec finesse mais force d’argumentation. Le tout sans lourdeur et sans oublier l’histoire.

Les différents personnages présentés dans ce livre ont tous leurs particularités et leurs motivations personelles. On les voit évoluer d’une nouvelle à l’autre et ils ne sonnent pas creux. Je retiendrai tout particulièrement le duo formé par Arnùn et Wojtek, mercenaires érigés en légendes grâce au charisme d’ours de Wojtek (d’ailleurs peut-on parler de charisme dans sa condition ?). N’oublions pas le personnage principal de ce livre : Célestopol elle-même. La ville de toute les exubérances, des avancées technologiques et de l’art, donne tout au long du récit l’impression d’être vivante. Un jour belle au grand cœur, le lendemain dangereuse comme une piqure de frelons.

Tuppence n’avait peut-être pas tort. Lorsqu’on posait le pied à Célestopol, on était happé par la cité au point de tout oublier. Beaucoup considéraient la ville comme un havre de nostalgie mais en réalité le présent dévorait tout.

Avec sa plume constante, Emmanuel Chastellière nous entraine dans un livre d’une grande qualité et sans temps morts. Les différentes nouvelles sont empreintes d’une certaine mélancolie. Célestopol 1922 n’est pas un univers si glorieux, la ville commencerait-elle doucement son déclin après une période de faste ? Certaines nouvelles sont forcément plus réussies comme Une nuit à l’Opéra Romanova, mon coup de cœur du recueil tandis que certaines sont un peu plus faibles comme Mememto Mori (qui nous offre tout de même un final très sympathique). Si toutefois on devait en enlever une, je supprimerais la dernière, Danser avec le chaos, qui ne fait que quelques pages mais dont j’ai trouvé l’intégration et l’histoire plus maladroites.

Conclusion :

Célestopol 1922 est un livre d’une grande qualité qui mérite de prendre son billet pour ce voyage lunaire. Fix-up réussit, Célestopol 1922 ravira tous les amoureux de SF, d’uchronie, de rétrofuturisme, mais pas seulement. Un livre que je conseille vivement, rien que pour la plume poétique de l’auteur et son univers magique.

3 commentaires sur “Célestopol 1922 – Emmanuel Chastellière”

  1. Je ne suis pas une grande adepte des Nouvelles mais à force d’en entendre parler je devient curieuse^^ peut-être commencer par le 1er si tu l’annonces plus coloré…

  2. Retour de ping : Les coups de cœur du mois d’Avril – Librairie À la croisée des pages

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